“Un monde nouveau est en train d’apparaître”

“Un monde nouveau est en train d’apparaître”

Après s’être allié avec Laurent Wauquiez pour prendre le Conseil régional à la gauche en 2015, le centriste Patrick Mignola s’est intéressé à la démarche originale initiée par Emmanuel Macron. Suite à l’accord officiel entre En Marche et le Modem, il s’est présenté et il a été élu député. Propos recueillis par Lionel Favrot

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Emmanuel Macron ?

Patrick Mignola : Ces déclarations m’ont semblé intéressantes car elles étaient transgressives : elles présentaient une vision politique à la fois libérale sur le plan économique et sociétale. Ce qui tranche avec les positionnements habituels. On restait jusque là coincé entre une droite, censée être libérale sur le plan économique, même si ce n’est pas toujours le cas, mais qui se révèle très traditionaliste sur les questions de société. Alors que la gauche est au contraire libérale sur les questions de société mais conservatrice sur le plan économique.

Quelles déclarations avaient en particulier attiré votre attention ?

Dans un gouvernement Hollande dont le principal problème était de ne rien choisir, Emmanuel Macron a par exemple osé faire tomber le tabou des 35h et celui du travail du dimanche. Dès l’automne 2015, il a rappelé une notion simple qu’on oublie parfois dans la société française : c’est le travail qui créé la richesse.

Du coup, vous avez eu très tôt envie de rejoindre En Marche ?

Non. Je n’ai qu’une seule famille politique que je n’ai jamais quitté depuis 25 ans : le centre. Je voulais que ce ralliement soit une décision collective. J’ai donc attendu le 22 février 2016, date à laquelle François Bayrou a annoncé qu’il ne présentait pas sa candidature à l’élection présidentielle, pour envisager une candidature Modem soutenue par En Marche. Cette décision qui a demandé beaucoup d’abnégation de sa part, a permis à la campagne d’Emmanuel Macron de prendre un nouveau départ à une période où on constatait un certain flottement.

Pour vous, il y avait un parallèle entre les engagements historiques du Modem et le positionnement d’Emmanuel Macron ?

Oui. Les analyses de Macron sont proches de celles du Modem mais c’est aussi une pensée personnelle. J’ai eu la chance de discuter plusieurs fois avec lui et j’ai eu en face de moi une mécanique intellectuelle comme on en rencontre peu dans une vie politique. J’ai aussi vu de la conviction. Il n’y avait aucun calcul. Sinon, il aurait agi différemment. Qui pouvait deviner, quand il a lancé son mouvement, que les deux candidats issus des Primaires, Hamon et Fillon, allaient s’écrouler électoralement ?(...)

Lire la suite dans Mag2 Savoies n°7. En vente chez votre marchand de journaux.